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Traiter hémorroïdes reste une préoccupation fréquente. Selon la HAS, près de 40 % des adultes français rapportent au moins un épisode de crise hémorroïdaire au cours de leur vie. La maladie hémorroïdaire correspond à une pathologie des plexus veineux du canal anal, qui peuvent se dilater, s'enflammer ou prolaber. La grande majorité des cas répond à des mesures hygiéniques et à un traitement médical court, sans recours chirurgical. Une consultation reste utile pour confirmer le diagnostic et écarter d'autres causes de saignement digestif.
Traiter hémorroïdes : situations rencontrées
Selon la Société nationale française de coloproctologie (SNFCP), deux formes coexistent :
- hémorroïdes internes, situées au-dessus de la ligne pectinée, qui peuvent saigner et prolaber ;
- hémorroïdes externes, à l'orifice anal, qui peuvent former un thrombus douloureux (caillot).
Les crises se manifestent par des saignements rouges après la selle, des démangeaisons, une sensation de gêne ou de boule, parfois une douleur intense en cas de thrombose. La classification de Goligher gradue les hémorroïdes internes en quatre stades selon le degré de prolapsus.
Mesures d'hygiène et de transit
Selon la HAS, plusieurs mesures simples soulagent et préviennent les crises :
- régulariser le transit (apports en fibres 25 à 30 g/jour, hydratation suffisante) ;
- éviter les efforts de poussée prolongés aux toilettes (limiter à 3-5 minutes) ;
- adopter une posture physiologique (genoux relevés à l'aide d'un petit tabouret) ;
- bains de siège tièdes 10 à 15 minutes plusieurs fois par jour en crise ;
- éviter le papier toilette sec et préférer un nettoyage doux à l'eau ;
- limiter les épices fortes et l'alcool pendant les crises.
L'activité physique régulière, la perte de poids en cas de surcharge et la lutte contre la sédentarité réduisent le risque de récidive. Pour des repères digestifs complémentaires, consultez nos repères sur les apports en fibres et compléments.
Traitements médicamenteux et locaux
Plusieurs options sont disponibles selon le Vidal :
- veinotoniques (diosmine, troxérutine, hespéridine) en cure courte pendant les crises ;
- topiques (crèmes, suppositoires) à base d'anesthésiques locaux, de corticoïdes faibles, ou de protecteurs cutanés ;
- antalgiques simples (paracétamol) en cas de douleur ;
- laxatifs doux osmotiques en cas de constipation.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ne sont pas recommandés en première intention en cas de saignement. Selon l'ANSM, l'usage prolongé des corticoïdes locaux doit rester limité. Toute prise médicamenteuse répétée justifie un avis pharmaceutique ou médical. Pour des repères complémentaires, consultez notre fiche sur la forme au quotidien.
Options instrumentales et chirurgicales
Lorsque les crises persistent malgré le traitement médical, plusieurs options instrumentales sont proposées par le proctologue :
- ligature élastique des hémorroïdes internes (technique de référence) ;
- sclérose chimique ;
- photocoagulation infrarouge.
La chirurgie (hémorroïdectomie selon Milligan-Morgan ou techniques mini-invasives type HAL/RAR) est réservée aux formes sévères (grade III et IV) ou en cas d'échec des autres traitements. Les techniques actuelles, par doppler ou agrafage, réduisent les douleurs post-opératoires selon la SNFCP. Une consultation spécialisée permet d'évaluer le rapport bénéfice/risque.
Quand consulter sans tarder
Plusieurs signes imposent un avis médical rapide selon la HAS :
- saignements abondants ou prolongés ;
- saignement noir (méléna) ou sang mélangé aux selles ;
- douleur intense persistante ;
- modification durable du transit ;
- altération de l'état général, perte de poids ;
- âge supérieur à 50 ans avec saignement digestif nouveau.
Une coloscopie peut être indiquée pour écarter une lésion plus profonde. Le médecin traitant et le proctologue restent les interlocuteurs de référence.
Conclusion
Les crises hémorroïdaires sont fréquentes et le plus souvent bénignes. Hygiène de vie, régularité du transit et traitements médicaux simples suffisent dans la majorité des cas. Les options instrumentales et chirurgicales sont réservées aux formes persistantes ou sévères, après évaluation par un proctologue. Tout saignement nouveau ou persistant impose un avis médical pour écarter une autre cause.






