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Pneumothorax : repères cliniques et conduite à tenir

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Médecin auscultant les poumons d'un patient

Table des matières

Le pneumothorax désigne la présence d'air entre les deux feuillets de la plèvre (membrane qui entoure les poumons), entraînant un collapsus partiel ou total du poumon. Selon la Société de pneumologie de langue française (SPLF), il s'agit d'une urgence respiratoire dont la fréquence est plus élevée chez l'homme jeune longiligne, ainsi que chez les patients atteints de pathologies pulmonaires chroniques. Cette fiche détaille la définition, les causes, les symptômes, le diagnostic et la prise en charge actuelle.

Qu'est-ce qu'un pneumothorax ?

Le pneumothorax correspond à un décollement pleural par accumulation d'air dans la cavité pleurale. Selon Ameli.fr, on distingue plusieurs formes :

  • pneumothorax spontané primitif (sur poumon sain, souvent chez l'homme jeune fumeur, longiligne) ;
  • pneumothorax spontané secondaire (sur poumon pathologique : BPCO, asthme sévère, mucoviscidose, tuberculose, cancer) ;
  • pneumothorax traumatique (plaie thoracique, fracture costale) ;
  • pneumothorax iatrogène (geste médical : ponction pleurale, biopsie, voie centrale).

L'incidence du pneumothorax spontané primitif est estimée par l'Inserm à environ 7 à 20 cas pour 100 000 personnes par an chez l'homme. La récidive est fréquente (20 à 30 % dans les premières années) selon la SPLF.

À retenir : le pneumothorax est une urgence respiratoire ; la douleur thoracique brutale et l'essoufflement sont typiques ; le diagnostic se confirme par radiographie thoracique ; la prise en charge dépend de la taille et du retentissement.

Causes et symptômes

Les facteurs favorisants identifiés par le Vidal et la HAS incluent :

  • tabagisme actif (risque multiplié par 7 à 22 selon les études) ;
  • antécédents familiaux ;
  • maladies respiratoires chroniques (BPCO, asthme, mucoviscidose) ;
  • profession à risque (plongée, aviation civile) ;
  • traumatismes thoraciques ;
  • gestes médicaux invasifs.

Les symptômes typiques apparaissent brutalement :

  • douleur thoracique vive, en coup de poignard, latéralisée ;
  • essoufflement (dyspnée) variable selon l'importance du décollement ;
  • toux sèche ;
  • parfois sensation de malaise ;
  • dans les formes sévères : cyanose, hypotension, signes de détresse respiratoire.

Le pneumothorax compressif (sous tension) constitue une urgence vitale, justifiant une décompression immédiate. Pour d'autres pathologies respiratoires, consultez nos fiches sur l'apnée du sommeil et sur le décollement de la plèvre.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic repose sur l'examen clinique et l'imagerie. Selon la HAS :

  • la radiographie thoracique de face en inspiration est l'examen de référence : elle montre l'absence de trame vasculaire au-delà d'une ligne pleurale ;
  • le scanner thoracique précise la taille, recherche des bulles d'emphysème ou une cause sous-jacente ;
  • l'échographie pleurale peut être utilisée en urgence aux soins critiques.

La prise en charge dépend de la taille du pneumothorax et de la tolérance clinique. Selon les recommandations Ameli et SPLF :

  • petit pneumothorax bien toléré : oxygénothérapie nasale, surveillance hospitalière, repos ;
  • pneumothorax important ou mal toléré : exsufflation à l'aiguille ou drainage thoracique réalisé par un médecin ;
  • pneumothorax récidivant : prise en charge chirurgicale (thoracoscopie avec pleurodèse) ;
  • pneumothorax compressif : décompression d'urgence en pré-hospitalier.

L'ANSM et la SPLF insistent sur l'importance du sevrage tabagique pour réduire le risque de récidive. Toute modification de traitement ou reprise d'activité doit être discutée avec le pneumologue. Pour les troubles respiratoires associés, lisez notre fiche sur l'asthme.

Prévention et suivi

Santé publique France recommande :

  • l'arrêt du tabac, mesure préventive essentielle ;
  • l'éviction temporaire de la plongée sous-marine et de certaines activités à risque après un épisode (avis spécialisé indispensable) ;
  • un suivi pneumologique pour les patients à risque (BPCO, antécédents familiaux) ;
  • la vigilance sur les signes d'alerte après un drainage : reprise d'une douleur, essoufflement, fièvre.

Tout signe d'alerte (douleur thoracique brutale, essoufflement marqué, malaise) impose un appel au SAMU (15 ou 112). Le suivi post-épisode permet de prévenir les récidives et de discuter les indications chirurgicales le cas échéant.

Avis médical : Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de doute, consultez un professionnel de santé.

Questions fréquentes sur le pneumothorax

Peut-on reprendre l'avion après un pneumothorax ? Selon la SPLF, un délai d'au moins 2 à 6 semaines après résolution complète est généralement requis. L'avis du pneumologue est indispensable.

La plongée sous-marine reste-t-elle possible ? Tout antécédent de pneumothorax spontané contre-indique la plongée en bouteille, sauf dérogation rare après bilan spécialisé.

Combien de temps dure l'hospitalisation ? De quelques heures (surveillance simple) à plusieurs jours (drainage), selon la taille du pneumothorax et son évolution sous traitement.

Conclusion

Le pneumothorax est une urgence respiratoire bien codifiée mais à ne jamais sous-estimer. Le diagnostic repose sur la clinique et la radiographie. La prise en charge va de la simple surveillance au drainage, voire à la chirurgie pour les formes récidivantes. L'arrêt du tabac et un suivi spécialisé conditionnent la prévention des récidives. Tout symptôme suspect mérite un avis médical sans délai.

Article relu par

Dr Delphine Marcellin

Médecin généraliste, quinze ans d'exercice en cabinet libéral à Lyon. Membre du comité éditorial Jalmalv depuis 2024.

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Sources citées dans cet article

  • Haute Autorité de Santé — Recommandations de bonne pratique (édition la plus récente).
  • Inserm — Dossier thématique référencé en début d'article.
  • Ameli.fr — Fiche pratique de l'Assurance Maladie (consultée à la date de publication).