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Maladie wilson touche cerveau foie principalement, en raison d'une accumulation anormale de cuivre dans l'organisme. Selon l'Inserm, il s'agit d'une maladie génétique rare, transmise sur le mode autosomique récessif, dont la prévalence est estimée à environ 1/30 000 en France. Elle résulte d'une mutation du gène ATP7B, qui empêche l'élimination biliaire normale du cuivre. Un diagnostic précoce et un traitement à vie transforment le pronostic, autrefois sévère, en évolution favorable dans la majorité des cas.
Maladie wilson touche cerveau foie : mécanisme
Le cuivre est un oligoélément indispensable, apporté par l'alimentation. Selon le Vidal, dans la maladie de Wilson, son excrétion biliaire est altérée. Il s'accumule progressivement dans :
- le foie (premier organe atteint) ;
- le système nerveux central (noyaux gris centraux) ;
- la cornée (anneau de Kayser-Fleischer) ;
- les reins, le squelette, les hématies.
L'atteinte hépatique se manifeste souvent en premier, surtout chez l'enfant et l'adolescent. L'atteinte neurologique apparaît plus tardivement, généralement entre 20 et 40 ans. Plusieurs présentations cliniques coexistent selon l'âge et le profil génétique.
Signes hépatiques et neurologiques
Selon la HAS, les manifestations varient selon l'âge et la rapidité d'évolution :
Atteinte hépatique (souvent avant 20 ans) :
- hépatite aiguë avec fatigue, ictère, douleurs abdominales ;
- hépatite chronique active ;
- cirrhose progressive ;
- exceptionnellement, hépatite fulminante avec hémolyse.
Atteinte neurologique (souvent entre 20 et 40 ans) :
- tremblements (parfois grossiers, en aile de papillon) ;
- dysarthrie (difficultés d'élocution) ;
- troubles de la déglutition ;
- mouvements anormaux (dystonie, chorée) ;
- syndrome parkinsonien atypique chez le sujet jeune ;
- troubles psychiatriques (changement de personnalité, dépression, troubles cognitifs).
L'anneau de Kayser-Fleischer (dépôt cuprique péri-cornéen) est présent chez la quasi-totalité des patients avec atteinte neurologique. Pour des repères de prévention, consultez nos repères sur la santé au quotidien.
Diagnostic biologique et génétique
Le diagnostic est multidimensionnel selon la HAS et le Vidal :
- céruloplasmine sérique abaissée (souvent inférieure à 0,2 g/l) ;
- cuprémie totale basse mais cuprémie libre augmentée ;
- cuprurie des 24 heures élevée (typiquement supérieure à 100 µg/jour) ;
- biopsie hépatique avec dosage du cuivre intra-hépatique (gold standard) ;
- imagerie cérébrale (IRM) montrant des anomalies des noyaux gris centraux ;
- examen ophtalmologique à la lampe à fente pour rechercher l'anneau de Kayser-Fleischer ;
- analyse génétique du gène ATP7B (plus de 600 mutations décrites).
Le diagnostic différentiel inclut d'autres maladies hépatiques (hépatites virales, auto-immunes, hémochromatose) et neurologiques (Parkinson juvénile, dystonies génétiques). Pour des repères complémentaires, consultez notre fiche sur les apports utiles au quotidien.
Traitement à vie
La prise en charge associe traitement médicamenteux et mesures diététiques selon le Vidal :
- chélateurs du cuivre : D-pénicillamine ou trientine, à dose progressive avec surveillance hématologique et rénale ;
- sels de zinc : inhibent l'absorption intestinale du cuivre, utilisés en relais ou en première intention dans certaines formes ;
- régime pauvre en cuivre : éviter les abats, fruits de mer, chocolat, champignons, fruits secs en grande quantité ;
- suivi multidisciplinaire (hépatologue, neurologue, médecin référent maladies rares).
Le traitement est à vie. Son arrêt entraîne une rechute potentiellement fatale. Une surveillance régulière (NFS, fonction rénale, cuivre, bilan hépatique) permet d'ajuster les doses. La greffe hépatique est indiquée en cas d'insuffisance hépatique aiguë ou de cirrhose décompensée.
Suivi familial et grossesse
La maladie étant génétique récessive, les apparentés au premier degré doivent être dépistés selon la HAS, idéalement entre 5 et 35 ans. Une enquête familiale permet de repérer les formes pré-symptomatiques et de débuter un traitement avant l'apparition des complications.
La grossesse est possible sous traitement chélateur, avec adaptation des doses et surveillance rapprochée. La transmission au fœtus n'est concernée que dans des contextes génétiques particuliers (parent porteur). Un conseil génétique pré-conceptionnel est recommandé pour les couples concernés.
Conclusion
La maladie de Wilson reste rare mais doit être évoquée devant toute hépatite chronique ou tout trouble neurologique du sujet jeune. Le diagnostic précoce et le traitement à vie par chélateurs ou zinc transforment radicalement le pronostic. Le suivi multidisciplinaire dans les centres de référence des maladies rares assure la coordination des soins. Le médecin traitant, l'hépatologue et le neurologue restent les interlocuteurs de référence pour le suivi au long cours.






