Information santé sourcée. Ce site ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes, consultez un professionnel de santé.

L aspergillose maladie provoquée par Aspergillus : repères

de lecture
Vue rapprochée et neutre de spores de champignon sur fond doux

Table des matières

L aspergillose maladie provoquée par un champignon du genre Aspergillus, principalement Aspergillus fumigatus. Selon l'Inserm, ce champignon est omniprésent dans l'environnement (sol, compost, poussières, climatisations). L'inhalation de ses spores ne provoque rien chez les sujets sains, mais peut entraîner différentes formes cliniques chez les personnes fragiles ou présentant une pathologie pulmonaire préexistante. Le diagnostic et la prise en charge se sont nettement structurés ces dernières années, dans les centres spécialisés en mycologie médicale.

L aspergillose maladie provoquée par : formes cliniques

Selon la Société française de mycologie médicale, plusieurs formes coexistent en fonction du terrain et de l'immunité :

  • aspergillome (truffe aspergillaire) : colonisation d'une cavité pulmonaire préexistante (ancienne tuberculose, sarcoïdose, bulle d'emphysème) ;
  • aspergillose pulmonaire chronique : plusieurs sous-formes (nodulaire, cavitaire, fibrosante) ;
  • aspergillose bronchopulmonaire allergique (ABPA) : réaction allergique survenant chez l'asthmatique ou le patient atteint de mucoviscidose ;
  • aspergillose invasive : forme grave de l'immunodéprimé (chimiothérapie, greffe, corticothérapie prolongée) ;
  • aspergillose cutanée et rhinosinusienne : formes plus rares.

Chaque forme à un profil clinique, biologique et radiologique spécifique. Le diagnostic est multidimensionnel.

À retenir : l'aspergillose se développe chez des personnes ayant un terrain pulmonaire ou une immunodépression ; quatre formes principales sont distinguées (aspergillome, chronique, allergique, invasive) ; le diagnostic associe imagerie, biologie et parfois biopsie ; les traitements antifongiques sont prescrits en centres spécialisés.

Symptômes selon la forme

Les manifestations varient nettement selon la forme. Selon le Vidal :

Aspergillome :

  • hémoptysie (crachats sanglants), parfois abondante ;
  • toux chronique ;
  • fatigue, perte de poids modérée ;
  • découverte parfois fortuite sur une imagerie thoracique.

Aspergillose pulmonaire chronique :

  • toux persistante depuis plusieurs mois ;
  • expectorations parfois purulentes ou sanglantes ;
  • fièvre intermittente ;
  • amaigrissement, asthénie progressive.

Aspergillose bronchopulmonaire allergique :

  • aggravation d'un asthme connu malgré le traitement ;
  • expectorations brunâtres en bouchons ;
  • éosinophilie sanguine élevée ;
  • élévation des IgE totales et spécifiques anti-Aspergillus.

Aspergillose invasive :

  • fièvre prolongée résistante aux antibiotiques chez un immunodéprimé ;
  • toux, dyspnée ;
  • douleur thoracique ;
  • atteintes extrapulmonaires possibles (sinus, cerveau, cœur).

Pour des repères respiratoires complémentaires, consultez nos repères sur la santé pulmonaire au quotidien.

Démarche diagnostique

Selon la HAS, plusieurs examens sont mobilisés selon la forme suspectée :

  • imagerie thoracique : radiographie puis scanner (signe du halo, signe du croissant aérique, cavités) ;
  • examens biologiques : galactomannane sérique et lavage broncho-alvéolaire, antigène 1,3-bêta-D-glucane, IgG anti-Aspergillus, IgE totales et spécifiques ;
  • fibroscopie bronchique avec lavage broncho-alvéolaire pour identification mycologique directe ;
  • biopsie tissulaire dans certains cas ;
  • mise en culture sur milieu de Sabouraud ;
  • PCR Aspergillus sur prélèvements respiratoires ou sang.

L'interprétation des résultats requiert l'expertise d'un infectiologue ou d'un mycologue médical. Pour des repères de prévention, consultez notre fiche sur les apports utiles au quotidien.

Traitement antifongique

Selon le Vidal, plusieurs molécules antifongiques sont utilisées sur prescription spécialisée :

  • voriconazole : traitement de référence de l'aspergillose invasive ;
  • isavuconazole : alternative, mieux tolérée dans certains contextes ;
  • amphotéricine B liposomale : seconde ligne ou en première intention en cas d'intolérance ;
  • itraconazole : utilisé dans l'aspergillose chronique et l'ABPA ;
  • caspofongine et autres échinocandines : associations dans les formes invasives sévères.

Les traitements sont prolongés (plusieurs mois) et nécessitent un suivi rapproché : tolérance, dosages plasmatiques, interactions médicamenteuses. La chirurgie peut être indiquée pour les aspergillomes symptomatiques avec hémoptysies récidivantes.

Prévention et populations à risque

Selon Santé publique France, plusieurs mesures préventives s'appliquent aux personnes à risque :

  • éviter les environnements à forte exposition fongique (compost, chantiers, locaux poussiéreux) ;
  • ventilation à filtres HEPA dans les unités d'hémato-oncologie ;
  • éviter les fleurs et plantes vertes dans les chambres des immunodéprimés ;
  • vigilance lors des travaux à proximité d'établissements de santé ;
  • entretien des systèmes de climatisation ;
  • contrôle des sources d'humidité au domicile.

Les patients atteints de mucoviscidose, d'asthme sévère mal contrôlé ou de pathologie pulmonaire chronique bénéficient d'un suivi attentif pour repérer précocement une ABPA. Une prophylaxie antifongique est discutée chez certains patients immunodéprimés à très haut risque.

Avis médical : Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de doute, consultez un professionnel de santé.

Conclusion

L'aspergillose regroupe un spectre de pathologies, du simple champignon dans une cavité ancienne à l'infection invasive grave de l'immunodéprimé. La connaissance des terrains à risque, l'imagerie thoracique et la biologie spécifique permettent un diagnostic plus précoce. Les traitements antifongiques modernes ont amélioré le pronostic, en particulier dans les formes invasives. Le médecin traitant en lien avec l'infectiologue et le pneumologue reste l'interlocuteur de référence pour le suivi.

Article relu par

Dr Delphine Marcellin

Médecin généraliste, quinze ans d'exercice en cabinet libéral à Lyon. Membre du comité éditorial Jalmalv depuis 2024.

Conforme à la méthode éditoriale Jalmalv

Sources citées dans cet article

  • Haute Autorité de Santé — Recommandations de bonne pratique (édition la plus récente).
  • Inserm — Dossier thématique référencé en début d'article.
  • Ameli.fr — Fiche pratique de l'Assurance Maladie (consultée à la date de publication).