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Tendinite patte d oie se manifeste par une douleur de la face interne du genou, fréquente chez le coureur et le cycliste. La patte d'oie (zone d'insertion commune des tendons des muscles sartorius, gracilis et semi-tendineux sur la face interne du tibia) peut s'enflammer en réponse à des contraintes répétées. Selon la Société française de rhumatologie (SFR), elle représente une cause classique de gonalgie interne chez le sportif. Cette fiche détaille les signes, le diagnostic et la prise en charge.
Tendinite patte d oie se : tableau clinique
La douleur siège typiquement à la face antéro-interne du tibia, 4 à 6 cm sous l'interligne articulaire du genou. Elle apparaît ou s'accentue à l'effort (course, montée des escaliers, position assise jambes croisées) et peut persister au repos dans les formes installées. Selon Ameli.fr, la palpation locale est douloureuse, la mobilisation du genou en flexion-extension peut reproduire la gêne.
L'examen recherche les facteurs favorisants : excès d'entraînement, déséquilibres musculaires, surpoids, anomalies posturales (genu valgum, jambes en X), surfaces dures, chaussures inadaptées. L'Inserm rappelle que les tendinopathies sont aujourd'hui considérées comme des atteintes dégénératives plus que purement inflammatoires (« tendinose »).
Diagnostic et examens
Le diagnostic est clinique. Une échographie articulaire peut confirmer l'épaississement tendineux et écarter une bursite associée (bourse séreuse de la patte d'oie). Selon la HAS, l'IRM est réservée aux formes complexes ou résistantes. Les diagnostics différentiels incluent une lésion méniscale interne, une arthrose fémoro-tibiale interne, une atteinte du ligament latéral interne, voire un syndrome de la bandelette ilio-tibiale.
Le bilan biologique n'est habituellement pas nécessaire, sauf en cas de doute sur une cause inflammatoire systémique (arthrite). Pour aller plus loin, lisez nos fiches sur l'arthrose et sa prévention et sur la bursite.
Prise en charge
Le traitement de première intention associe selon la SFR :
- repos relatif des activités déclenchantes (sans immobilisation stricte) ;
- glaçage 15 minutes après chaque sollicitation ;
- antalgiques (paracétamol) et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en cure courte sur prescription ;
- kinésithérapie ciblée : étirements doux, renforcement excentrique, travail proprioceptif ;
- correction posturale et adaptation du chaussage ;
- semelles orthopédiques en cas de trouble statique.
Selon la HAS, la majorité des tendinopathies récupèrent en 4 à 12 semaines avec un protocole bien conduit. Les infiltrations de corticoïde sont moins utilisées dans les tendinopathies que dans les pathologies inflammatoires articulaires, en raison du risque de fragilisation tendineuse. Aucune automédication par AINS au long cours ne doit être poursuivie sans avis médical. Notre article sur le talon douloureux aborde les principes communs aux tendinopathies.
Reprise sportive et prévention
La reprise de l'activité physique doit être progressive et indolore. Selon la SFR, les principes clés sont :
- augmentation lente des charges d'entraînement (règle des 10 % par semaine) ;
- diversification des sports (cross-training) ;
- échauffement systématique de 10 à 15 minutes ;
- chaussage adapté à la morphologie et au type de pratique ;
- récupération suffisante entre les séances.
L'éducation thérapeutique du sportif, la prise en compte des signes d'alerte précoces et la consultation rapide en cas de symptômes persistants permettent d'éviter le passage à la chronicité.
Conclusion
La tendinite de la patte d'oie reste une affection fréquente, généralement bénigne, qui répond bien au traitement médical et à la kinésithérapie. Identifier et corriger les facteurs favorisants conditionne la prévention des récidives. Toute douleur du genou persistant au-delà de 3 semaines justifie une consultation médicale pour préciser le diagnostic et adapter la prise en charge.






