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Maladie Verneuil peut se développer chez tout adulte jeune, et reste pourtant mal connue. Selon la Société française de dermatologie (SFD), cette pathologie inflammatoire chronique de la peau, aussi appelée hidradénite suppurée (HS), touche environ 1 % de la population française. Elle se manifeste par des nodules douloureux récidivants dans les zones de plis (aisselles, aine, fesses, sous les seins). Cette fiche détaille la définition, les stades cliniques, le diagnostic et les options thérapeutiques validées par la HAS.
Maladie Verneuil peut se développer : définition
Maladie Verneuil peut se développer à partir de la puberté, plus souvent entre 20 et 40 ans. Selon l'Inserm, il s'agit d'une affection des follicules pileux dans les zones porteuses de glandes apocrines (sueur). Un blocage du follicule provoque une inflammation locale puis la formation d'un kyste, d'un abcès ou d'une fistule. La maladie évolue par poussées. Les facteurs favorisants identifiés sont :
- tabagisme (présent chez 70 à 90 % des patients selon la SFD) ;
- surpoids et obésité ;
- prédisposition génétique (40 % des patients ont un antécédent familial) ;
- modifications hormonales (aggravation parfois prémenstruelle) ;
- frottements répétés sur les zones concernées.
Symptômes et stades de Hurley
La présentation clinique évolue selon trois stades (classification de Hurley) :
Stade I (forme légère) : nodules inflammatoires isolés ou abcès récidivants, sans trajets fistuleux ni cicatrices.
Stade II (forme modérée) : abcès récidivants avec formation de trajets fistuleux et de cicatrices, lésions isolées ou en grappes.
Stade III (forme sévère) : atteinte étendue, abcès et fistules multiples interconnectés, cicatrices hypertrophiques importantes, retentissement fonctionnel et psychologique majeur.
Les symptômes habituels comprennent douleur intense lors des poussées, écoulement purulent malodorant, démangeaisons, retentissement sur la vie sociale et sexuelle. Selon Santé publique France, la qualité de vie des patients est très affectée : 60 % rapportent une atteinte psychologique significative.
Le diagnostic est essentiellement clinique. La SFD a publié des critères diagnostiques précis associant : localisation typique (zones de plis), récidive (au moins deux épisodes en 6 mois), aspect des lésions (nodules, abcès, fistules, cicatrices). Le retard diagnostique reste important : en moyenne 7 à 10 ans selon l'Inserm. Pour comprendre d'autres lésions inflammatoires, voyez nos fiches sur l'acné rosacée chronique et sur le psoriasis cutané.
Diagnostic et examens
L'examen clinique reste central. Aucun examen biologique ne pose le diagnostic. Selon la HAS, les examens éventuels recherchent :
- une infection secondaire en cas de fièvre (NFS, CRP) ;
- un syndrome inflammatoire chronique ;
- une pathologie associée (maladie de Crohn, syndrome métabolique, certaines pathologies endocriniennes).
L'imagerie (échographie cutanée, IRM) est réservée aux formes sévères pour cartographier les fistules avant chirurgie. Voyez aussi notre fiche sur les approches face aux kystes cutanés.
Traitements et accompagnement
La prise en charge associe selon la HAS et la SFD :
Mesures hygiéno-diététiques :
- arrêt du tabac (priorité absolue) ;
- perte de poids si nécessaire ;
- éviction des frottements (vêtements amples, antiperspirants doux) ;
- hygiène locale rigoureuse avec antiseptiques doux ;
- soutien psychologique recommandé.
Traitements médicamenteux (sur prescription médicale) :
- antibiotiques topiques (clindamycine) ou par voie générale (cyclines, association rifampicine-clindamycine) ;
- traitement hormonal anti-androgénique chez certaines femmes ;
- biothérapies (adalimumab notamment) dans les formes modérées à sévères, avec AMM ;
- corticoïdes intralésionnels pour les poussées localisées.
Chirurgie : exérèse large des lésions étendues dans les formes sévères, parfois suivie de greffes. L'efficacité repose sur la qualité de l'exérèse selon la SFD.
Les groupes de patients (Association française de l'hidrosadénite, Resverneuil) apportent un soutien important. Toute modification de traitement doit être discutée avec le dermatologue référent.
Conclusion
Maladie Verneuil peut se développer insidieusement et impacter durablement la qualité de vie. La HAS et la SFD insistent sur l'importance du diagnostic précoce et de l'arrêt du tabac, premier levier de contrôle. Les biothérapies récentes ont transformé le pronostic des formes sévères. Toute lésion récidivante au pli de l'aine, de l'aisselle ou sous le sein doit conduire à un avis dermatologique pour éviter le retard diagnostique encore fréquent dans cette pathologie.






