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L'urticaire entraîne plaques rouges prurigineuses, mobiles et fugaces. L'urticaire (éruption cutanée œdémateuse liée à la libération d'histamine par les mastocytes du derme) touche selon la Société française de dermatologie (SFD) près d'une personne sur quatre au moins une fois dans sa vie. Elle peut être aiguë (moins de 6 semaines) ou chronique (au-delà). Cette fiche détaille les formes cliniques, les causes et la prise en charge.
L urticaire entraîne plaques rouges : tableau clinique
Selon la SFD et Ameli.fr, l'urticaire se manifeste par :
- papules ou plaques rosées à rouges, surélevées, à bord bien net ;
- prurit (démangeaison) intense ;
- caractère fugace : chaque lésion dure quelques heures (moins de 24 heures) et change de localisation ;
- absence de cicatrice après disparition.
Une forme grave existe : l'angio-œdème (œdème profond du derme et de l'hypoderme), pouvant atteindre les paupières, les lèvres, la langue ou la glotte. L'OMS rappelle que l'angio-œdème laryngé constitue une urgence vitale.
Causes et facteurs déclenchants
Selon le Vidal, les déclencheurs possibles sont nombreux :
- alimentaires : fruits exotiques, fruits de mer, poissons, fromages affinés (libération d'histamine alimentaire) ;
- médicaments : antibiotiques (bêta-lactamines), AINS, opioïdes, produits de contraste iodés ;
- piqûres d'insectes (hyménoptères) ;
- infections virales, bactériennes, parasitaires ;
- facteurs physiques : froid, chaleur, frottements (urticaire à pression), exposition solaire ;
- stress émotionnel.
Selon l'Inserm, plus de 50 % des urticaires chroniques restent idiopathiques, parfois associées à des maladies auto-immunes. Pour aller plus loin, consultez nos fiches sur l'interprétation d'une plaque rouge et sur la dyshidrose.
Diagnostic et bilan
Le diagnostic est clinique. Selon la HAS, aucun bilan n'est nécessaire dans l'urticaire aiguë typique. En cas d'urticaire chronique (plus de 6 semaines), un bilan ciblé peut inclure :
- numération formule sanguine, CRP ;
- TSH (recherche de pathologie thyroïdienne associée) ;
- enquête médicamenteuse et alimentaire détaillée ;
- éventuels tests épicutanés ou tests in vitro selon orientation.
La biopsie cutanée n'est demandée qu'en cas d'urticaire fixe (lésions persistant plus de 24 heures, suspicion d'urticaire vasculitique). Notre article sur l'eczéma peut éclairer le diagnostic différentiel.
Prise en charge
Selon la SFD et la HAS, le traitement de première intention repose sur :
- antihistaminiques H1 de 2e génération (cétirizine, loratadine, desloratadine, fexofénadine) ;
- à la posologie standard pendant 4 à 6 semaines, à augmenter jusqu'à 4 fois la dose en cas d'inefficacité ;
- éviction des facteurs déclenchants identifiés.
Les corticoïdes oraux ne sont pas recommandés en cure prolongée. Ils peuvent être utilisés en cure courte (3 à 5 jours) dans les formes très étendues, sur prescription médicale. Dans les urticaires chroniques résistantes, des biothérapies (omalizumab) sont proposées par les dermatologues ou allergologues spécialisés.
L'auto-injecteur d'adrénaline est prescrit aux patients à risque d'angio-œdème grave ou ayant un antécédent d'anaphylaxie. Aucune automédication corticoïde prolongée ne doit être poursuivie sans avis médical.
Signaux d'alerte
Une consultation rapide ou un appel au 15 s'impose en cas de :
- œdème du visage, de la langue, des lèvres ;
- gêne respiratoire, voix éteinte ;
- malaise, chute de tension ;
- urticaire généralisée associée à des troubles digestifs ;
- urticaire après piqûre d'insecte.
Conclusion
L'urticaire reste une affection fréquente, le plus souvent bénigne, qui répond bien aux antihistaminiques de seconde génération. Une enquête approfondie est utile en cas de chronicité ou de répétition. Tout angio-œdème ou signe systémique doit conduire à une prise en charge urgente. Une consultation médicale permet de cadrer le diagnostic, d'identifier les facteurs déclenchants et d'adapter le traitement aux besoins du patient.






