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Condylome maladie sexuellement transmissible (IST) très fréquente, due aux papillomavirus humains (HPV) à bas risque oncogène, principalement les génotypes 6 et 11. Selon Santé publique France, le condylome touche environ 1 % des adultes sexuellement actifs. La transmission se fait par contact direct lors des rapports sexuels. La majorité des infections HPV sont asymptomatiques mais peuvent provoquer des lésions cutanéo-muqueuses gênantes. Cette fiche détaille la transmission, le diagnostic, les traitements et la prévention vaccinale.
Condylome maladie sexuellement transmissible : généralités
Condylome maladie sexuellement transmissible est aussi appelé "verrue génitale" ou "crête de coq". Selon l'Inserm, le condylome résulte d'une infection persistante des cellules épithéliales par des HPV de types 6 et 11 dans 90 % des cas. La période d'incubation varie de 3 semaines à plusieurs mois. La transmission se fait essentiellement par contact sexuel (vaginal, anal, oral) avec une personne infectée, même asymptomatique. Une transmission de la mère à l'enfant à l'accouchement est possible mais rare (papillomatose laryngée néonatale).
Symptômes et localisations
Le condylome se présente sous différentes formes selon la HAS :
- excroissances en "crête de coq" (papillomateuses, à surface villeuse) ;
- petites papules planes peu visibles ;
- lésions verruqueuses pédiculées ;
- macules pigmentées sur les muqueuses.
Les localisations habituelles :
Chez l'homme :
- gland, frein, prépuce ;
- sillon balano-préputial ;
- méat urétral ;
- scrotum ;
- région anale et péri-anale.
Chez la femme :
- vulve, lèvres, clitoris ;
- vagin, col de l'utérus ;
- région péri-anale et périnée.
Les lésions sont en général indolores. Une démangeaison, un saignement de contact ou une gêne peuvent survenir. Les condylomes anaux ou intra-anaux sont plus fréquents chez les patients ayant des rapports anaux et chez les patients immunodéprimés. Pour comprendre les liens entre HPV et cancers, voyez nos fiches sur le papillomavirus à risque et sur la verrue génitale contagieuse.
Diagnostic et bilan
Le diagnostic est clinique selon la HAS : l'inspection visuelle suffit dans la majorité des cas. Quelques examens peuvent compléter :
- test à l'acide acétique (3 à 5 %) : les lésions blanchissent ;
- examen au colposcope chez la femme (col + vulve) ou anuscope chez l'homme ;
- biopsie en cas de doute diagnostique ou de lésion atypique ;
- examen complet à la recherche d'autres IST associées (chlamydia, gonocoque, VIH, syphilis, hépatite B).
Le partenaire sexuel doit être examiné même s'il est asymptomatique. Voyez aussi notre fiche sur l'aciclovir contre l'herpès.
Traitements disponibles
Plusieurs traitements existent selon la HAS, en fonction de la localisation, du nombre et de l'aspect des lésions :
Traitements topiques :
- imiquimod en crème (modulateur immunitaire local) : application pendant plusieurs semaines, sur prescription médicale ;
- podophyllotoxine en solution ou crème : à appliquer selon protocole précis, contre-indiquée chez la femme enceinte ;
- acide trichloracétique : application en consultation par un médecin.
Traitements physiques (en consultation) :
- cryothérapie à l'azote liquide ;
- laser CO₂ ;
- électrocoagulation ;
- exérèse chirurgicale pour les lésions volumineuses.
Le choix dépend du tableau clinique, de la disponibilité des techniques et du contexte (grossesse, immunodépression). Selon l'Inserm, le taux de récidive reste élevé (20 à 30 %) quel que soit le traitement, car le virus peut persister dans les tissus voisins. Une surveillance après traitement est habituelle. Voyez aussi notre fiche sur le traitement par Aldara.
Prévention et vaccination
La HAS recommande la vaccination par Gardasil 9 chez :
- les jeunes filles et garçons de 11 à 14 ans (schéma à deux doses) ;
- les rattrapages jusqu'à 19 ans ;
- les hommes ayant des rapports avec des hommes jusqu'à 26 ans ;
- les personnes immunodéprimées selon les recommandations spécifiques.
Le Gardasil 9 protège contre 9 génotypes HPV, dont les types 6 et 11 (condylomes) et les types 16 et 18 (cancers du col à 70 %). Son efficacité préventive dépasse 90 % avant tout rapport sexuel selon Santé publique France. La vaccination est remboursée par l'Assurance maladie.
Les autres mesures préventives incluent :
- l'usage du préservatif (efficacité partielle, le virus pouvant infecter les zones non couvertes) ;
- la limitation du nombre de partenaires ;
- le dépistage régulier des IST ;
- la communication avec les partenaires.
Conclusion
Condylome maladie sexuellement transmissible reste l'IST virale visible la plus fréquente. La HAS et Santé publique France insistent sur la vaccination préventive avant les premiers rapports sexuels et sur l'examen systématique des partenaires en cas de diagnostic. Les traitements actuels sont efficaces sur les lésions visibles, sans toujours éliminer le virus sous-jacent. Toute lésion suspecte justifie un avis médical pour confirmer le diagnostic et écarter une co-infection par HPV à haut risque.






