Information santé sourcée. Ce site ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes, consultez un professionnel de santé.

Cancer colorectal durant Mars Bleu : dépistage à connaître

de lecture
Consultation de dépistage avec un ruban bleu de sensibilisation

Table des matières

Le cancer colorectal durant Mars Bleu fait l'objet chaque année d'une campagne nationale d'information menée par l'Institut national du cancer (INCa) et Santé publique France. Avec environ 47 000 nouveaux cas et 17 000 décès par an en France selon les données de l'INCa, le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier après le cancer du poumon. Pourtant, lorsqu'il est dépisté tôt, il se guérit dans environ 9 cas sur 10. La campagne Mars Bleu vise à mobiliser les Français de 50 à 74 ans autour du programme de dépistage organisé.

Comprendre le cancer colorectal

Le cancer colorectal désigne une tumeur maligne qui se développe sur la paroi du côlon ou du rectum. La majorité des cancers colorectaux se forment à partir de polypes (petites excroissances bénignes de la muqueuse) qui peuvent évoluer lentement vers un cancer sur plusieurs années. Cette évolution lente, parfois sur 10 à 15 ans, explique l'intérêt du dépistage : retirer un polype avant sa transformation cancéreuse évite la maladie.

L'Inserm rappelle que plusieurs facteurs de risque sont identifiés : âge, antécédents familiaux, alimentation pauvre en fibres et riche en viande rouge ou transformée, sédentarité, surpoids, tabac et alcool. La maladie reste souvent silencieuse à un stade précoce, d'où l'importance d'un dépistage régulier chez les personnes de 50 à 74 ans.

À retenir : environ 47 000 nouveaux cas par an selon l'INCa ; guérison dans 9 cas sur 10 si dépistage précoce ; programme national de dépistage de 50 à 74 ans ; test immunologique simple à réaliser chez soi.

Cancer colorectal durant Mars Bleu : le dépistage organisé

Le programme national de dépistage organisé du cancer colorectal s'adresse aux hommes et femmes de 50 à 74 ans, sans antécédent personnel ou familial particulier. Il est piloté par l'INCa et les Centres régionaux de coordination des dépistages des cancers (CRCDC).

Le test immunologique

Le test utilisé est immunologique : il recherche la présence de sang humain dans les selles, signe possible de la présence de polypes ou d'un cancer. Selon l'Ameli, ce test est plus performant que les anciens tests Hemoccult, avec une meilleure sensibilité de détection. Il se réalise simplement à domicile, en quelques minutes, à partir d'un kit envoyé par voie postale ou remis par le médecin traitant ou la pharmacie.

La marché à suivre est simple :

  • prélever un échantillon de selles avec le bâtonnet du kit
  • déposer dans le tube fourni
  • renvoyer dans l'enveloppe prépayée au laboratoire désigné
  • recevoir le résultat sous quelques jours à deux semaines

Le test est entièrement pris en charge par l'Assurance maladie dans le cadre du dépistage organisé. Aucune avance de frais n'est demandée.

Suite donnée au test

Dans la majorité des cas (environ 96 %), le test est négatif et un nouveau test est proposé deux ans plus tard. Si le test est positif (environ 4 % des cas), cela ne signifie pas qu'il y a un cancer : la présence de sang dans les selles peut avoir d'autres causes (hémorroïdes, polypes bénins, lésions inflammatoires). Une coloscopie (examen visuel du côlon par voie endoscopique) est alors recommandée pour identifier la cause précise.

Selon l'INCa, environ un test positif sur deux conduit à la découverte d'un polype bénin retiré lors de la coloscopie, ce qui constitue un acte de prévention efficace. Seule une minorité de tests positifs révèle un cancer, généralement à un stade précoce où les chances de guérison sont importantes. Pour mieux comprendre cet examen, lire un point sur la coloscopie et la paroi colique apporte un éclairage utile.

Prévention et facteurs modifiables

Au-delà du dépistage, plusieurs leviers de prévention reposent sur le mode de vie. L'OMS et l'INCa publient des recommandations claires fondées sur les données scientifiques actuelles.

Alimentation et activité physique

Le Programme national nutrition santé (PNNS) recommande pour réduire le risque de cancer colorectal :

  • consommer au moins 25 g de fibres par jour (légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses)
  • limiter la viande rouge à 500 g par semaine maximum
  • limiter fortement les charcuteries et viandes transformées
  • maintenir une activité physique régulière (au moins 30 minutes par jour de marché rapide)
  • limiter la consommation d'alcool
  • maintenir un poids stable et équilibré

Selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, OMS), une consommation élevée de viandes transformées est classée cancérogène avéré pour le cancer colorectal.

Antécédents familiaux et facteurs génétiques

Les personnes ayant des antécédents familiaux au premier degré (parent, frère, sœur, enfant) bénéficient d'un suivi spécifique. La HAS recommande dans ce cas une coloscopie à un âge plus précoce que la moyenne, généralement à partir de 45 ans ou 10 ans avant l'âge du diagnostic chez le proche concerné. Certaines formes familiales rares (syndrome de Lynch, polypose adénomateuse familiale) justifient un suivi spécialisé en oncogénétique.

Symptômes à connaître

Plusieurs signes doivent inciter à consulter rapidement : saignement digestif (sang dans les selles, anémie inexpliquée), modification durable du transit, douleurs abdominales persistantes, perte de poids inexpliquée, fatigue importante. Ces signes justifient une consultation auprès du médecin traitant. Toute modification de traitement doit être validée par le médecin référent. Pour les questions liées aux examens et à leur coût, le dossier sur la mutuelle santé apporte des repères utiles.

Avis médical : Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de doute, consultez un professionnel de santé.

Cancer colorectal durant Mars Bleu, le dépistage simple et rapide reste l'un des meilleurs leviers pour réduire la mortalité de cette maladie. Réaliser le test à 50 ans, le renouveler tous les deux ans et adapter son mode de vie sont des gestes accessibles à tous. Le médecin traitant peut accompagner chaque étape, y compris la lecture des résultats.

Article relu par

Dr Delphine Marcellin

Médecin généraliste, quinze ans d'exercice en cabinet libéral à Lyon. Membre du comité éditorial Jalmalv depuis 2024.

Conforme à la méthode éditoriale Jalmalv

Sources citées dans cet article

  • Haute Autorité de Santé — Recommandations de bonne pratique (édition la plus récente).
  • Inserm — Dossier thématique référencé en début d'article.
  • Ameli.fr — Fiche pratique de l'Assurance Maladie (consultée à la date de publication).