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Occlusion intestinale : repérer une urgence digestive

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Table des matières

L'occlusion intestinale est une urgence médico-chirurgicale fréquente, redoutée par sa rapidité d'évolution. Selon la Société française de chirurgie digestive (SFCD), elle représente plusieurs dizaines de milliers d'hospitalisations chaque année en France. Elle correspond à un arrêt du transit, lié à un obstacle mécanique ou fonctionnel. Tout retard de prise en charge expose à des complications graves (péritonite, choc septique). Ce guide rapide présente les repères essentiels pour reconnaître la situation et savoir agir.

Comprendre l'occlusion intestinale

L'occlusion intestinale correspond à un blocage du transit, partiel ou total, du grêle ou du côlon. Selon Ameli.fr, on distingue :

  • l'occlusion mécanique (obstacle physique : adhérences post-opératoires, hernie étranglée, tumeur, sténose, corps étranger) ;
  • l'occlusion fonctionnelle ou iléus paralytique (perte de motricité, sans obstacle : post-opératoire, infection, troubles ioniques, médicaments) ;
  • l'occlusion mixte.

Les adhérences post-opératoires sont, selon l'Inserm, l'une des causes les plus fréquentes chez l'adulte ayant des antécédents chirurgicaux abdominaux.

Les symptômes typiques associent :

  • des douleurs abdominales (souvent en crampes, par vagues) ;
  • des vomissements (alimentaires, bilieux, parfois fécaloïdes en cas d'occlusion basse) ;
  • un arrêt des matières et des gaz ;
  • un ballonnement abdominal (météorisme) ;
  • une déshydratation et une altération de l'état général dans les formes évoluées.
À noter : l'occlusion intestinale est une urgence ; les signes clés sont douleur, vomissements, arrêt des matières et des gaz ; tout retard expose à des complications graves ; toute suspicion impose une consultation immédiate.

Selon la HAS, le tableau peut être atypique chez le sujet âgé (confusion, anorexie, simple gêne abdominale). Toute occlusion sur antécédent chirurgical doit être considérée comme grave jusqu'à preuve du contraire. Pour d'autres urgences digestives, lisez notre fiche sur l'appendicite sans fièvre et sur l'adénolymphite mésentérique.

Agir : diagnostic et prise en charge en urgence

Selon la SFCD, le diagnostic repose sur :

  • un interrogatoire ciblé (antécédents chirurgicaux, comorbidités, dernières selles) ;
  • un examen clinique (recherche d'une défense, d'une hernie, d'un toucher rectal informatif) ;
  • une biologie (ionogramme, lactates, NFS, CRP) ;
  • une imagerie : ASP (abdomen sans préparation) ou plus souvent scanner abdomino-pelvien injecté, examen de référence selon la HAS.

Le scanner permet de différencier occlusion mécanique et fonctionnelle, de localiser l'obstacle, et de rechercher des signes de souffrance digestive (pneumatose, ischémie).

La prise en charge en urgence associe :

  • mise à jeun stricte ;
  • pose d'une sonde naso-gastrique en aspiration douce ;
  • réhydratation intraveineuse, correction des troubles ioniques ;
  • antalgiques prescrits par un médecin ;
  • décision chirurgicale rapide selon la cause et la sévérité.

Selon les recommandations Ameli, la chirurgie est indispensable en cas de signes d'ischémie, de hernie étranglée, ou d'échec du traitement médical. L'occlusion sur bride sans signe de gravité peut parfois bénéficier d'une approche non opératoire en milieu hospitalier surveillé.

Toute douleur abdominale intense persistante, vomissements répétés, arrêt prolongé du transit ou ballonnement aigu doit conduire à appeler le SAMU (15 ou 112) ou à se présenter aux urgences. Aucun traitement « maison » (laxatif, lavement) ne doit être tenté avant l'évaluation médicale, en raison du risque d'aggravation.

Pour des troubles digestifs chroniques associés, voyez notre fiche sur les solutions contre les ballonnements et sur les gaz intestinaux abondants.

L'ANSM rappelle que certains médicaments (opioïdes, anticholinergiques, certains psychotropes) peuvent favoriser un iléus chez les sujets à risque. Toute modification de traitement doit être discutée avec le médecin, en particulier en post-opératoire ou chez la personne âgée.

Avis médical : Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de doute, consultez un professionnel de santé.

L'occlusion intestinale exige une réaction rapide. Sans suspicion clinique forte et examen médical, le pronostic peut se dégrader vite. Devant toute association de douleur abdominale, vomissements et arrêt du transit, un avis médical immédiat est la conduite à tenir.

Questions fréquentes

L'occlusion peut-elle se résoudre sans chirurgie ? Oui, dans certains cas (occlusion sur bride sans signe de gravité, iléus paralytique), une prise en charge médicale en milieu hospitalier surveillé peut suffire.

Quels antécédents augmentent le risque ? Toute chirurgie abdominale antérieure majore le risque d'adhérences. Les hernies non traitées, certaines tumeurs et la maladie de Crohn sont aussi des facteurs identifiés.

Faut-il appeler les pompiers ? En cas de douleur abdominale aiguë avec vomissements et altération de l'état général, appeler le 15 (SAMU) ou le 112 reste la conduite recommandée selon Ameli.

Article relu par

Dr Delphine Marcellin

Médecin généraliste, quinze ans d'exercice en cabinet libéral à Lyon. Membre du comité éditorial Jalmalv depuis 2024.

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Sources citées dans cet article

  • Haute Autorité de Santé — Recommandations de bonne pratique (édition la plus récente).
  • Inserm — Dossier thématique référencé en début d'article.
  • Ameli.fr — Fiche pratique de l'Assurance Maladie (consultée à la date de publication).