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Perlèche disgracieuse parfois douloureuse, la chéilite angulaire (terme médical exact) touche les commissures des lèvres et complique le quotidien : alimentation, parole, sourire. Selon la SFD (Société française de dermatologie), il s'agit d'une affection fréquente, multifactorielle, dont les causes ne sont pas toujours évidentes. Si elle persiste, elle peut s'aggraver et nécessiter un avis médical. Cette fiche fait le point sur les origines, les manifestations, le diagnostic et la prise en charge.
Perlèche disgracieuse parfois douloureuse : définition
La perlèche est une inflammation cutanéomuqueuse des commissures labiales (coins des lèvres). Selon le Vidal, elle se manifeste par une rougeur, des fissures, des croûtes, et peut être douloureuse à l'ouverture de la bouche. Elle est rarement contagieuse, sauf dans certains contextes infectieux. La cause la plus fréquente identifiée par l'Ameli est mycosique (champignon Candida albicans), souvent associée à un facteur local ou général. D'autres causes existent : bactérienne (staphylocoque, streptocoque), carentielle, mécanique ou allergique.
Causes et facteurs favorisants
Selon l'Inserm et la HAS, plusieurs facteurs concourent à l'apparition d'une perlèche :
- humidité chronique des commissures (bave, léchage, prothèses dentaires inadaptées) ;
- diminution de la hauteur de l'étage inférieur du visage (sujet âgé, édenté) ;
- carences nutritionnelles (fer, zinc, vitamines B2 et B12 notamment) ;
- diabète mal équilibré ;
- immunodépression ;
- corticothérapie au long cours ;
- antibiothérapie récente ;
- dermatite atopique ou de contact.
Les symptômes habituels sont :
- des fissures aux coins des lèvres ;
- une rougeur, parfois des croûtes ou des desquamations ;
- une douleur à l'ouverture de la bouche ;
- des saignements lors de la mastication ;
- une sensation de cuisson.
Pour d'autres affections cutanées de la zone péribuccale, consultez nos fiches sur le zona et réactivation virale et sur les infections fongiques de la peau.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic est clinique selon la SFD. Le médecin examine les lésions et recherche un facteur favorisant. Un prélèvement mycologique ou bactériologique peut être réalisé en cas de persistance ou de doute sur l'agent responsable. Un bilan biologique (glycémie, ferritine, vitamines) est utile dans les formes récidivantes ou en présence d'autres signes (asthénie, anémie).
La prise en charge associe deux volets selon les recommandations Ameli :
- traiter la cause sous-jacente : équilibrer un diabète, corriger une carence, adapter une prothèse dentaire, arrêter un comportement de léchage ;
- traiter localement : antifongique topique (imidazolés) prescrit par un médecin si origine mycosique, antiseptique local doux, soins barrière (vaseline, baume cicatrisant en cas de fissures sèches).
L'ANSM rappelle que la corticothérapie locale est rarement indiquée seule et peut aggraver une infection mycosique. Toute automédication prolongée est à éviter. Pour des affections inflammatoires apparentées, lisez notre fiche sur la dyshidrose et ses poussées.
Prévention et conseils du quotidien
Santé publique France recommande des gestes simples :
- garder les commissures sèches après les repas et au coucher ;
- limiter le léchage des lèvres ;
- vérifier l'adaptation des prothèses dentaires (consultation chez le dentiste si nécessaire) ;
- adopter une alimentation équilibrée pour prévenir les carences ;
- assurer une hygiène bucco-dentaire rigoureuse ;
- éviter le partage des sticks à lèvres ou rouges à lèvres.
Toute perlèche persistante au-delà de deux semaines, récidivante, ou associée à une fatigue, une pâleur ou des troubles digestifs justifie un avis médical pour rechercher une cause générale.
Questions fréquentes sur la perlèche
La perlèche est-elle contagieuse ? Habituellement non. Selon la SFD, le Candida albicans étant un commensal naturel, la transmission directe est rare. Un partage de produits labiaux peut cependant favoriser une contamination ponctuelle.
Faut-il consulter pour une simple perlèche ? Si l'épisode est isolé et guérit en quelques jours avec un soin local doux, non. La consultation s'impose en cas de persistance, récidive ou signes généraux associés (fatigue, anémie).
Existe-t-il un lien avec l'âge ? Oui. Les personnes âgées avec édentement, prothèses inadaptées ou immobilité présentent un risque accru. Un avis dentaire est souvent nécessaire selon Ameli.
Conclusion
Perlèche disgracieuse parfois douloureuse est une affection souvent banale mais qui peut révéler une cause locale ou générale. Un diagnostic précis et un traitement ciblé permettent une guérison rapide dans la majorité des cas. La prévention passe par l'identification des facteurs favorisants. Un avis médical reste utile en cas de récidive ou de signes associés persistants. Une approche pluridisciplinaire (médecin, dentiste, nutritionniste) optimise la prise en charge.






