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L'asphyxie : traiter une asphyxie en quelques minutes peut faire la différence entre la vie et la mort. Cette situation correspond à une privation aiguë d'oxygène, par obstruction des voies respiratoires, immersion, intoxication ou autre cause. Selon Santé publique France, les obstructions des voies aériennes représentent une part importante des accidents domestiques évitables, notamment chez le jeune enfant et la personne âgée. Connaître les gestes de premiers secours validés par la Croix-Rouge française et la HAS reste un savoir-faire utile au quotidien.
Qu'est-ce qu'une asphyxie
L'asphyxie désigne une diminution ou une suppression brutale de l'apport en oxygène aux poumons, donc à l'ensemble de l'organisme. Le cerveau est le premier touché : il subit des lésions irréversibles après quelques minutes seulement sans oxygène. L'OMS rappelle que chaque minute compte pour préserver les fonctions vitales en attendant les secours.
Plusieurs mécanismes peuvent être à l'origine d'une asphyxie. L'obstruction des voies aériennes par un corps étranger (aliment, petit objet) reste fréquente. La noyade, la pendaison, l'inhalation de fumée ou de gaz toxiques, le strangulament ou l'écrasement thoracique sont d'autres causes possibles. Certaines situations médicales (crise d'asthme sévère, anaphylaxie, paralysie respiratoire) peuvent également entraîner une asphyxie.
Asphyxie : traiter une asphyxie selon la cause
La réponse aux gestes de premiers secours dépend de la cause et de l'état de conscience de la victime. La Croix-Rouge française a publié des protocoles officiels qui guident l'action en quelques minutes.
Obstruction par corps étranger
Chez l'adulte ou l'enfant conscient présentant une obstruction complète (incapable de tousser, de parler ou de respirer), la manoeuvre des claques dorsales est appliquée en premier. La victime est inclinée vers l'avant, et cinq claques fermes sont données entre les omoplates avec le talon de la main. Si l'obstruction persiste, la manoeuvre de Heimlich (compression abdominale) est réalisée. Le sauveteur se place derrière la victime, place un poing au-dessus du nombril et applique cinq compressions vives vers le haut et l'arrière.
Chez le nourrisson de moins d'un an, la technique est différente : la tête en bas, allongée sur l'avant-bras du sauveteur, cinq claques dorsales puis cinq compressions thoraciques avec deux doigts. La Société française de pédiatrie souligne que cette technique adaptée doit être enseignée aux parents et aux assistantes maternelles.
Inhalation de fumées ou gaz toxiques
L'INRS et Santé publique France rappellent qu'en présence d'une victime intoxiquée par fumée ou monoxyde de carbone, la priorité est de ne jamais entrer soi-même dans le local sans protection. Il faut alerter les secours, aérer si possible depuis l'extérieur, et attendre les pompiers équipés. Le monoxyde de carbone (CO) est inodore et incolore : il provoque environ 4 000 intoxications par an en France selon les chiffres officiels.
Noyade
Pour une noyade, sortir la victime de l'eau dans les meilleures conditions de sécurité reste la première étape. Les insufflations doivent être commencées sans attendre, dès que la victime est sur la rive ou sur le bateau, selon les recommandations du Conseil français de réanimation cardiopulmonaire. La chaleur corporelle doit être préservée (vêtements secs, couverture).
Gestes vitaux et alerte
Quelle que soit la cause de l'asphyxie, plusieurs principes restent valables. L'alerte au SAMU (15), aux pompiers (18) ou au numéro européen d'urgence (112) doit être donnée le plus rapidement possible, en parallèle des premiers gestes.
Évaluation rapide de la victime
Le sauveteur évalue l'état de conscience, la respiration et la coloration de la peau. La technique "voir, écouter, sentir" permet de vérifier la respiration en 10 secondes : observer le thorax, écouter le souffle, sentir l'air sur sa joue. Si la victime est inconsciente et ne respire pas normalement, la réanimation cardiopulmonaire (RCP) doit être engagée immédiatement.
Réanimation cardiopulmonaire
Les recommandations actuelles validées par le Conseil européen de réanimation et la HAS prévoient pour l'adulte : 30 compressions thoraciques puis 2 insufflations, en alternance, jusqu'à l'arrivée des secours ou la pose d'un défibrillateur automatisé externe (DAE). La fréquence de compression doit être de 100 à 120 par minute, à une profondeur de 5 à 6 centimètres. Pour l'enfant et le nourrisson, les techniques diffèrent légèrement : 15 compressions pour 2 insufflations chez l'enfant, et compressions adaptées avec deux doigts chez le nourrisson.
Après l'incident
Toute victime ayant subi une asphyxie, même brève, doit être examinée par un médecin. Des complications tardives sont possibles : oedème pulmonaire, troubles neurologiques différés, infection respiratoire. La consultation aux urgences ou auprès du médecin traitant permet de réaliser un examen clinique et, si besoin, des examens complémentaires. Pour les patients ayant des antécédents respiratoires, lire un point sur l'asthme et ses déclencheurs peut éclairer le suivi global.
Se former aux gestes qui sauvent
Les formations Premiers Secours Civiques de niveau 1 (PSC1) sont accessibles à tous, dispensées par la Croix-Rouge française, la Protection civile ou les sapeurs-pompiers. La Société française d'anesthésie et de réanimation encourage la formation systématique des familles d'enfants et de personnes âgées. Pour les questions de prise en charge médicale après un incident, le dossier sur la mutuelle santé apporte des repères utiles, et le dossier sur le matériel médical détaille les équipements à domicile.
Asphyxie, traiter une asphyxie : les bons gestes peuvent sauver une vie, à condition d'avoir été appris et entretenus. Se former aux premiers secours, identifier les risques au domicile et savoir alerter rapidement les secours restent des piliers de la sécurité au quotidien.






