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Cancer l utérus n entraîne pas toujours de symptômes précoces, ce qui rend le dépistage régulier essentiel chez la femme. Selon Santé publique France, le cancer du col de l'utérus représente près de 3 000 nouveaux cas par an, tandis que le cancer de l'endomètre (corps utérin) approche 8 500 cas annuels. Les deux pathologies sont distinctes : causes, facteurs de risque, dépistage et traitements diffèrent. Cette fiche détaille leur définition, leurs signes, leur dépistage et leur prise en charge selon la HAS.
Cancer l utérus n entraîne pas immédiatement : deux pathologies distinctes
Cancer l utérus n entraîne pas une réalité unique. Il faut distinguer :
Cancer du col de l'utérus : touche la partie inférieure de l'utérus, en lien avec une infection persistante à papillomavirus humain (HPV). 90 % des cas sont liés à des génotypes HPV à haut risque selon l'Inserm. Il touche surtout les femmes de 30 à 50 ans.
Cancer de l'endomètre : touche la muqueuse interne du corps utérin. Il est lié à des facteurs hormonaux (excès d'œstrogènes) et concerne principalement les femmes après la ménopause. Le surpoids, le diabète, l'hypertension et l'absence de grossesse sont des facteurs de risque.
Plus rarement, des sarcomes utérins (cancers du muscle) sont diagnostiqués. Les pronostics et traitements varient selon la localisation et le stade de la maladie.
Symptômes et signes d'alerte
Selon la HAS, les manifestations dépendent du type et du stade :
Cancer du col de l'utérus :
- saignements après les rapports sexuels (post-coïtaux) ;
- saignements entre les règles ou après la ménopause ;
- pertes vaginales anormales, malodorantes ;
- douleurs pelviennes (formes avancées) ;
- troubles urinaires ou digestifs (envahissement).
Cancer de l'endomètre :
- saignements après la ménopause (signe quasi-constant, à explorer rapidement) ;
- saignements abondants ou anormaux avant la ménopause ;
- douleurs pelviennes ;
- pertes vaginales atypiques.
Selon l'Inserm, le caractère asymptomatique des stades précoces explique l'importance du dépistage. Tout saignement après la ménopause justifie une consultation. Pour comprendre des situations connexes, voyez nos fiches sur le papillomavirus à risque et sur le symptômes de la ménopause.
Dépistage organisé et examens
La HAS a redéfini le dépistage du cancer du col en 2018 :
- de 25 à 29 ans : frottis tous les 3 ans (après deux frottis normaux à un an d'intervalle) ;
- de 30 à 65 ans : test HPV-HR tous les 5 ans en première intention.
Ce dépistage organisé est invité tous les 3 ans par l'Assurance maladie. Il est gratuit. Le frottis ou le test HPV est réalisé par un médecin, une sage-femme ou en laboratoire. Les anomalies détectées conduisent à une colposcopie (examen visuel du col avec coloration) et, si nécessaire, une biopsie.
Pour le cancer de l'endomètre, il n'existe pas de dépistage organisé. Le diagnostic repose sur l'échographie pelvienne (mesure de l'épaisseur endométriale), complétée par une hystéroscopie diagnostique et une biopsie. Tout saignement post-ménopausique est exploré sans délai selon les recommandations de la Société française de gynécologie. Voyez aussi notre fiche sur la déni de grossesse.
Prise en charge et traitements
Le traitement dépend du type de cancer, du stade (TNM) et du contexte. Il est défini en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) selon les recommandations de l'Institut national du cancer (INCa) :
Cancer du col :
- conisation pour les lésions précancéreuses ;
- chirurgie (hystérectomie élargie, curage ganglionnaire) ;
- radio-chimiothérapie concomitante pour les formes localement avancées ;
- chimiothérapie pour les formes métastatiques.
Cancer de l'endomètre :
- hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale (référence) ;
- curage ganglionnaire selon le stade ;
- radiothérapie adjuvante dans certaines situations ;
- chimiothérapie ou hormonothérapie selon le profil moléculaire.
Le suivi post-thérapeutique est prolongé sur plusieurs années selon l'INCa, avec consultations spécialisées régulières. La reconnaissance en affection de longue durée (ALD 30) ouvre la prise en charge à 100 %.
Prévention
La vaccination contre les papillomavirus est recommandée par la HAS pour les jeunes filles et garçons de 11 à 14 ans, avec rattrapage jusqu'à 19 ans. Elle prévient les infections à HPV haut risque et donc une grande part des cancers du col. La vaccination ne remplace pas le dépistage par frottis ou test HPV.
Conclusion
Cancer l utérus n entraîne pas toujours de signes précoces, ce qui justifie le dépistage organisé et la vigilance face aux saignements anormaux. La HAS, l'INCa et SPF convergent sur l'importance de la vaccination HPV, du dépistage cervical régulier et de l'exploration rapide de tout saignement post-ménopausique. Le suivi gynécologique annuel reste un repère utile à toutes les étapes de la vie de la femme.






