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Verrue génitale très contagieuse : comprendre et prévenir

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Homme en consultation chez un médecin dans un cabinet clair

Table des matières

Verrue génitale très contagieuse, à l'origine d'une infection sexuellement transmissible (IST) parmi les plus fréquentes au monde. Selon Santé publique France, les condylomes (verrues génitales) sont dus au papillomavirus humain (HPV), un virus qui infecte la peau et les muqueuses anogénitales. La majorité des infections HPV sont transitoires et sans conséquence, mais certaines persistent et donnent lieu à des lésions visibles, voire à des lésions précancéreuses. La vaccination HPV reste la meilleure prévention selon la HAS, recommandée aux filles et garçons dès 11 ans.

Verrue génitale très contagieuse : virus en cause

Selon le Vidal, les condylomes sont principalement dus aux HPV de type 6 et 11, dits à bas risque oncogène. Plus de 200 types de papillomavirus humains existent, dont une quarantaine touchent la sphère anogénitale. Certains types (16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) sont à haut risque oncogène et associés à des cancers du col de l'utérus, de la vulve, du vagin, du pénis, de l'anus et de la sphère ORL.

La transmission se fait :

  • par contact sexuel direct (peau à peau, muqueuse à muqueuse) ;
  • même en l'absence de pénétration ;
  • y compris par contact oro-génital ou anal ;
  • exceptionnellement par contact indirect (objets contaminés, transmission mère-enfant à l'accouchement).

Le préservatif réduit significativement le risque mais ne l'élimine pas totalement, certaines zones non couvertes pouvant être infectées.

À retenir : les condylomes sont dus au HPV, virus très contagieux par contact sexuel ; ils touchent autant les hommes que les femmes ; la vaccination HPV reste la meilleure prévention selon la HAS ; le dépistage du cancer du col par frottis et le test HPV restent essentiels chez la femme.

Symptômes et localisations

Selon le Vidal, les condylomes se manifestent par des excroissances cutanées ou muqueuses, de taille et d'aspect variables :

  • petites papules rosées, blanches ou de couleur chair ;
  • aspect en chou-fleur (condylomes acuminés) ;
  • lésions plates parfois discrètes ;
  • multiples, isolées ou confluentes ;
  • en règle générale indolores, mais parfois irritation ou prurit ;
  • saignements possibles au contact.

Les localisations habituelles :

  • chez l'homme : gland, prépuce, fourreau du pénis, scrotum, anus ;
  • chez la femme : vulve, vestibule, vagin, col de l'utérus, périnée, anus ;
  • localisations anales et péri-anales chez les deux sexes ;
  • exceptionnellement localisations buccales ou pharyngées.

Le délai d'apparition après contamination varie de 3 semaines à plusieurs mois, parfois plus. Pour mieux comprendre la prévention, consultez nos repères sur la santé au quotidien.

Diagnostic et bilan

Selon la HAS, le diagnostic est :

  • clinique le plus souvent (examen direct des lésions) ;
  • complété par une colposcopie ou anuscopie en cas de lésions internes ;
  • biopsie en cas de doute ou de lésion atypique ;
  • bilan IST associé (VIH, syphilis, hépatites, chlamydia, gonocoque) ;
  • frottis cervical chez la femme avec test HPV selon les recommandations actuelles ;
  • examen anal en cas de symptomatologie évocatrice ou de population à risque.

Le partenaire doit être informé et examiné. La consultation chez un dermatologue, gynécologue, urologue, proctologue ou en CeGIDD est adaptée selon la localisation et le contexte.

Traitement des condylomes

Plusieurs options thérapeutiques existent selon le Vidal :

Traitements locaux ambulatoires :

  • podophyllotoxine en solution ou crème (Wartec, Condyline) ;
  • imiquimod en crème (Aldara) ;
  • acide trichloracétique en application au cabinet ;
  • sinécatéchines en pommade.

Traitements physiques au cabinet :

  • cryothérapie à l'azote liquide (séances répétées) ;
  • électrocoagulation, laser CO2 ;
  • exérèse chirurgicale dans les formes étendues.

Le traitement vise à éliminer les lésions visibles. Aucun ne supprime totalement le virus, qui reste latent et peut récidiver. La récidive est fréquente (20 à 30 % à 6 mois selon les études). Pour des repères complémentaires sur la peau, consultez notre fiche sur les apports utiles au quotidien.

Vaccination HPV : la meilleure prévention

Selon la HAS, la vaccination HPV est aujourd'hui recommandée :

  • aux filles entre 11 et 14 ans (rattrapage jusqu'à 19 ans révolus) ;
  • aux garçons entre 11 et 14 ans depuis 2021 (rattrapage jusqu'à 19 ans) ;
  • aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu'à 26 ans révolus ;
  • aux personnes immunodéprimées dans certaines conditions.

Le vaccin Gardasil 9 (utilisé en France) protège contre 9 types de HPV, dont les principaux à l'origine des condylomes (6, 11) et des cancers (16, 18, 31, 33, 45, 52, 58). Le schéma vaccinal :

  • 2 doses entre 11 et 14 ans ;
  • 3 doses au-delà.

La vaccination est prise en charge à 65 % par l'Assurance maladie, gratuite dans les CeGIDD et certains centres. Une campagne scolaire de vaccination s'est déployée en France à partir de 2023.

Frottis et dépistage des cancers HPV-induits

Chez la femme, le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus reste essentiel selon la HAS :

  • entre 25 et 29 ans : frottis cytologique tous les 3 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d'intervalle) ;
  • entre 30 et 65 ans : test HPV tous les 5 ans ;
  • en cas d'anomalie, colposcopie et prise en charge spécifique.

Chez l'homme, aucun dépistage organisé n'existe en routine. Une attention particulière est portée aux populations à risque (HSH, immunodéprimés) pour le dépistage des lésions anales.

Prévention au quotidien

Plusieurs mesures complémentaires réduisent le risque :

  • préservatif systématique avec un nouveau partenaire ;
  • dépistage régulier des IST en cas de partenaires multiples ;
  • vaccination HPV avant les premiers rapports ;
  • ne pas grattter les lésions (risque d'auto-inoculation) ;
  • examen régulier de la zone génitale ;
  • consultation rapide en cas de lésion suspecte ;
  • arrêt du tabac (qui favorise la persistance virale et la progression des lésions HPV).

L'éducation à la santé sexuelle et l'information sur la vaccination HPV restent des leviers majeurs de santé publique.

Avis médical : Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de doute, consultez un professionnel de santé.

Conclusion

Les condylomes (verrues génitales) sont des lésions très fréquentes liées à l'infection à HPV, particulièrement contagieuses par contact sexuel direct. Leur prise en charge associe traitements locaux et physiques, sans éradiquer totalement le virus. La prévention par la vaccination HPV des adolescents (filles et garçons), le dépistage du cancer du col chez la femme et l'usage du préservatif restent les leviers majeurs. Le médecin traitant, le dermatologue, le gynécologue, l'urologue et les CeGIDD sont les interlocuteurs de référence.

Article relu par

Dr Delphine Marcellin

Médecin généraliste, quinze ans d'exercice en cabinet libéral à Lyon. Membre du comité éditorial Jalmalv depuis 2024.

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Sources citées dans cet article

  • Haute Autorité de Santé — Recommandations de bonne pratique (édition la plus récente).
  • Inserm — Dossier thématique référencé en début d'article.
  • Ameli.fr — Fiche pratique de l'Assurance Maladie (consultée à la date de publication).