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Voyager toute sérénité avec la carte handicapé est devenu plus accessible en France ces dernières années, grâce à plusieurs évolutions législatives et à la mobilisation des compagnies aériennes. Selon la Drees, près de 12 millions de Français vivent avec un handicap au quotidien, dont une part importante reste en âge et en capacité de voyager. La carte mobilité inclusion (CMI), créée en 2017, regroupe désormais les anciennes cartes de stationnement, d'invalidité et de priorité. Elle ouvre droit à plusieurs facilités dans les transports, dont l'aérien.
Carte mobilité inclusion : ce qu'elle apporte
La carte mobilité inclusion remplace les anciennes cartes d'invalidité, de priorité pour personne handicapée et de stationnement pour personne handicapée. Elle est délivrée par le département après évaluation par la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH). Trois mentions distinctes peuvent figurer sur la carte selon le profil :
- mention "invalidité" pour un taux d'incapacité de 80 % ou plus
- mention "priorité" pour une incapacité inférieure à 80 % mais avec station debout pénible
- mention "stationnement" pour les difficultés importantes de déplacement
La CNSA précise que la carte est généralement délivrée pour une durée comprise entre 1 et 20 ans, voire à titre définitif selon le contexte médical. Elle est valable dans tous les pays de l'Union européenne, ce qui facilite les voyages au sein de l'espace européen.
Voyager toute sérénité carte handicapé : préparer son vol
Le transport aérien dispose d'un cadre réglementaire spécifique. Le règlement européen (CE) n° 1107/2006 garantit aux personnes à mobilité réduite (PMR) un droit d'assistance dans les aéroports européens et à bord des appareils. Ce cadre s'applique quel que soit le motif du handicap, qu'il soit moteur, sensoriel, intellectuel ou lié à une maladie chronique.
Démarche d'assistance PMR
L'assistance doit être demandée au moment de la réservation, ou au plus tard 48 heures avant le vol selon les compagnies. Plusieurs catégories d'assistance existent, identifiées par des codes internationaux :
- WCHR : peut marcher dans l'avion et monter/descendre les escaliers, besoin de fauteuil pour les longues distances
- WCHS : peut marcher dans l'avion mais pas dans les escaliers
- WCHC : ne peut pas marcher, déplacement en fauteuil jusqu'au siège
- BLND : passager aveugle ou malvoyant
- DEAF : passager sourd ou malentendant
- DPNA : passager présentant un handicap cognitif ou intellectuel
L'aéroport coordonne l'accompagnement depuis l'enregistrement jusqu'à l'embarquement, et inversement à l'arrivée. Ce service est gratuit pour le passager.
Documents et formalités
Plusieurs documents peuvent être utiles à présenter :
- carte mobilité inclusion en cours de validité
- certificat médical récent en cas de pathologie nécessitant un traitement à bord
- ordonnances pour les médicaments transportés en cabine
- formulaire MEDIF (Medical Information Form) demandé par certaines compagnies pour les pathologies particulières
Le ministère chargé des Transports recommande de signaler à la compagnie tout équipement médical à transporter (concentrateur d'oxygène portable, fauteuil électrique, etc.), pour préparer les conditions d'embarquement et l'éventuelle alimentation électrique en cabine.
Droits, facilités et points de vigilance
Au-delà de l'assistance, plusieurs droits et facilités complètent l'accès au transport aérien pour les personnes en situation de handicap. La connaissance de ces dispositifs permet de préparer le voyage dans de meilleures conditions.
Fauteuil roulant et équipements médicaux
Les fauteuils roulants personnels sont transportés gratuitement par toutes les compagnies aériennes. Selon les modèles, ils voyagent en soute ou en cabine. Les fauteuils électriques nécessitent une déclaration préalable pour vérifier la conformité des batteries au lithium avec les normes IATA. Plusieurs sites institutionnels précisent les démarches et les types de batteries autorisées.
Pour les équipements médicaux (CPAP, concentrateur d'oxygène, pompe à insuline, défibrillateur implantable), une certification du fabricant et un courrier médical sont généralement demandés. Les médicaments en flacon ou en seringue sont autorisés en cabine, avec ordonnance pour les passages en sûreté.
Voyageur avec mobilité réduite à bord
L'accessibilité à bord varie selon le type d'appareil. La plupart des avions long-courriers disposent de toilettes accessibles et de fauteuils de transfert pour le déplacement dans l'allée. Les compagnies font monter à bord en priorité les passagers PMR et de leur offrir un siège adapté (espace, accès à l'allée). L'accompagnement d'un membre du personnel pendant le vol est inclus dans la prestation lorsqu'il est nécessaire.
Limites et points de vigilance
Plusieurs précautions méritent d'être anticipées :
- certaines pathologies nécessitent un avis médical avant le vol (cardiopathies récentes, chirurgie récente, grossesse avancée)
- la pressurisation et la sécheresse de la cabine peuvent aggraver des symptômes existants
- les longs vols imposent une vigilance sur le risque thrombo-embolique, particulièrement chez les personnes peu mobiles
- l'achat d'une assurance voyage couvrant les pathologies déclarées reste fortement conseillé
Toute modification de traitement, particulièrement en cas de décalage horaire, doit être validée par le médecin référent. Pour les questions d'aménagement du domicile au retour, lire un point sur un ascenseur de maison et son prix peut apporter un éclairage complémentaire. Le dossier sur la location de lits médicalisés détaille d'autres aspects du maintien à domicile.
Accompagnement humain et associations
Plusieurs associations spécialisées peuvent apporter un soutien : l'Association des paralysés de France, les associations spécifiques par pathologie, les fédérations de personnes handicapées. La Délégation interministérielle à l'accessibilité publie également des guides pratiques pour préparer un voyage. Les questions de prise en charge financière des frais médicaux à l'étranger sont traitées dans le dossier sur la mutuelle santé.
Voyager toute sérénité carte handicapé en main reste un projet réalisable et de plus en plus encadré. Anticiper les démarches, signaler ses besoins à la compagnie, dialoguer avec son médecin et s'appuyer sur les associations spécialisées permettent de profiter pleinement de chaque voyage tout en préservant sa santé.






