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Signe reconnaître AVC en quelques secondes peut sauver une vie et limiter les séquelles. L'accident vasculaire cérébral (AVC, interruption brutale de la circulation sanguine dans une partie du cerveau) est la première cause de handicap acquis chez l'adulte en France. Selon Santé publique France, près de 140 000 AVC surviennent chaque année. Plus de 80 % sont des AVC ischémiques (par occlusion), 15 % hémorragiques. Le pronostic dépend directement du délai d'appel au 15. Cette fiche détaille la règle FAST et la conduite à tenir.
Signe reconnaître AVC : la règle FAST
L'OMS et la Société française neuro-vasculaire (SFNV) ont popularisé l'acronyme FAST, qui guide l'identification rapide des signes :
- Face (visage) : asymétrie soudaine, paralysie d'un côté ;
- Arm (bras) : faiblesse ou paralysie soudaine d'un bras (ou jambe) ;
- Speech (parole) : élocution difficile, mots incompréhensibles, aphasie ;
- Time (temps) : noter l'heure exacte de début et appeler le 15 immédiatement.
D'autres signes peuvent accompagner : trouble brutal de la vision (cécité d'un œil, vision double), céphalée intense inhabituelle, trouble de l'équilibre brutal, confusion soudaine. Selon la HAS, l'apparition brutale et soudaine est un trait majeur.
Conduite à tenir face à une suspicion
Selon la HAS et la SFNV, la conduite à tenir est simple et urgente :
- Appeler le 15 (SAMU) ou le 112, sans délai ;
- noter l'heure exacte de début des symptômes (essentielle pour décider d'une thrombolyse) ;
- allonger le patient en décubitus dorsal, tête légèrement surélevée ;
- ne rien lui faire boire ni manger (risque de fausse route) ;
- ne pas administrer de médicament (aspirine notamment), sauf instruction du SAMU ;
- rassembler les informations utiles (antécédents, traitements, allergies) ;
- ne pas conduire le patient soi-même à l'hôpital : le SAMU oriente vers une unité neuro-vasculaire (UNV).
L'objectif est d'arriver à l'hôpital dans les 4 h 30, fenêtre pour la thrombolyse intraveineuse, idéalement dans les 6 heures pour la thrombectomie mécanique. Pour aller plus loin, consultez nos fiches sur l'infarctus chez la femme et sur l'arythmie cardiaque.
Facteurs de risque et prévention
Selon Santé publique France et l'Inserm, les principaux facteurs de risque modifiables sont :
- hypertension artérielle (premier facteur, présent dans 70 % des AVC) ;
- tabagisme ;
- diabète ;
- hypercholestérolémie ;
- fibrillation atriale (cause d'AVC cardio-embolique) ;
- consommation excessive d'alcool ;
- sédentarité, surpoids.
La prévention repose sur le contrôle de ces facteurs, conformément aux recommandations HAS. L'autosurveillance de la pression artérielle, le sevrage tabagique, l'activité physique régulière et une alimentation équilibrée constituent les piliers de la prévention primaire. Notre article sur la mesure de la tension artérielle peut compléter votre lecture.
Suites et réadaptation
Après l'AVC, la prise en charge se poursuit en unité neuro-vasculaire puis en service de soins de suite et de rééducation. Selon la SFNV, la rééducation pluridisciplinaire (kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie, soutien psychologique) débute dès que possible. La récupération dépend du type d'AVC, de sa localisation et du délai de prise en charge.
La prévention secondaire associe selon la HAS : antiagrégants plaquettaires ou anticoagulants (en cas de fibrillation atriale), statines, traitement antihypertenseur, contrôle du diabète. L'éducation thérapeutique du patient et de l'entourage est essentielle. Aucun traitement ne doit être interrompu sans avis médical.
Conclusion
Reconnaître les signes d'un AVC en quelques secondes change le pronostic. La règle FAST, simple et mémorisable, doit être connue de chacun. L'appel immédiat au 15 oriente le patient vers une unité neuro-vasculaire en mesure de proposer la thrombolyse ou la thrombectomie dans les délais utiles. La prévention par contrôle des facteurs de risque cardiovasculaires reste le levier principal au long cours.






