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Syndrome Marfan : repères pour mieux comprendre la maladie

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Consultation médicale avec un patient dans un cabinet lumineux

Table des matières

Le syndrome Marfan est une maladie génétique rare du tissu conjonctif (tissu de soutien présent dans tout l'organisme). Selon la Filière Fava-Multi, qui coordonne les centres de référence en France, environ 12 000 personnes sont atteintes dans le pays, soit une prévalence d'une personne sur 5 000. Cette pathologie touche principalement le squelette, le cœur, les vaisseaux et les yeux. Sa reconnaissance précoce conditionne le suivi adapté.

Syndrome Marfan : une atteinte génétique du tissu conjonctif

Le syndrome Marfan est causé dans 90 % des cas par une mutation du gène FBN1, situé sur le chromosome 15. Ce gène code la fibrilline-1, une protéine majeure du tissu conjonctif. Selon l'Inserm, la transmission est autosomique dominante : une personne atteinte a 50 % de risque de transmettre la maladie à chacun de ses enfants. Dans 25 % des cas, il s'agit d'une mutation nouvelle (de novo) chez un patient sans antécédent familial.

Le tissu conjonctif joue un rôle de soutien dans presque tous les organes : peau, os, ligaments, valves cardiaques, paroi des artères, cristallin. La fragilité du collagène et de l'élastine explique la diversité des atteintes observées. Pour comparer avec d'autres maladies génétiques rares, voyez notre dossier sur la maladie de Wilson et notre article sur la maladie de Gilbert.

À retenir : Le syndrome Marfan est une maladie génétique du tissu conjonctif. Il touche principalement le squelette, le cœur, les vaisseaux et les yeux. La transmission est autosomique dominante. Le suivi se fait dans des centres de référence labellisés. L'espérance de vie s'est nettement améliorée avec la prise en charge actuelle.

Manifestations cliniques et diagnostic

Les signes du syndrome Marfan sont multiples et de gravité variable. Sur le plan squelettique : grande taille, longueur excessive des membres et des doigts (arachnodactylie), thorax déformé (en entonnoir ou en carène), scoliose, hyperlaxité ligamentaire, pieds plats, malposition dentaire. Sur le plan cardiovasculaire, qui détermine le pronostic vital, l'atteinte aortique est centrale : dilatation progressive de l'aorte ascendante, risque de dissection aortique (déchirure de la paroi de l'aorte), insuffisance valvulaire mitrale ou aortique.

Sur le plan oculaire : luxation du cristallin (ectopie cristallinienne) chez environ 60 % des patients, myopie élevée, glaucome précoce. D'autres signes possibles : vergetures inhabituelles, dilatation de la dure-mère (membrane entourant la moelle épinière), pneumothorax récidivants, hernies. La grande variabilité d'expression rend le diagnostic parfois difficile. Une même mutation peut s'exprimer différemment d'un membre à l'autre d'une même famille.

Le diagnostic repose sur les critères de Ghent révisés en 2010 : association d'une dilatation aortique, d'une ectopie cristallinienne et d'autres signes systémiques, associée si possible à une analyse génétique confirmant la mutation FBN1. Le bilan paraclinique inclut une échocardiographie, un examen ophtalmologique avec mesure de la longueur axiale, une radiographie ou un scanner thoracique, et l'enquête familiale. La consultation génétique fait partie intégrante du parcours.

Prise en charge et suivi au long cours

Aucun traitement curatif du syndrome Marfan n'existe à ce jour. La prise en charge repose sur la surveillance et la prévention des complications, notamment cardiovasculaires. L'échographie cardiaque annuelle, voire semestrielle selon les paramètres, suit la progression du diamètre de l'aorte. Les bêtabloquants (notamment le propranolol ou l'aténolol) sont prescrits pour ralentir la dilatation aortique selon les recommandations des Sociétés savantes européennes. Le losartan, antihypertenseur de la classe des sartans, est associé dans certains protocoles.

La chirurgie cardiaque préventive (remplacement de l'aorte ascendante) est proposée lorsque le diamètre dépasse 45 à 50 mm, ou plus tôt en présence de facteurs de risque (antécédents familiaux de dissection, progression rapide). Selon la Société française de cardiologie, cette intervention a transformé le pronostic : l'espérance de vie est passée d'environ 40 ans dans les années 1970 à plus de 70 ans aujourd'hui en cas de prise en charge adaptée.

Les activités sportives intenses, surtout en isométrie (haltérophilie, sport de contact, plongée en apnée), sont déconseillées pour limiter le risque de complications aortiques. Une activité modérée régulière reste recommandée. Le suivi s'effectue dans l'un des 11 centres de référence français labellisés par le ministère de la Santé, en lien avec le médecin traitant. La Filière Fava-Multi accompagne les patients et leurs familles.

Avis médical : Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de doute, consultez un professionnel de santé.

Conclusion

Le syndrome Marfan reste une maladie rare au diagnostic parfois tardif. La prise en charge multidisciplinaire en centre spécialisé a permis une amélioration majeure du pronostic depuis 40 ans. Le suivi régulier, la prévention chirurgicale et l'adaptation des activités sportives sont les trois piliers du parcours.

Article relu par

Dr Delphine Marcellin

Médecin généraliste, quinze ans d'exercice en cabinet libéral à Lyon. Membre du comité éditorial Jalmalv depuis 2024.

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Sources citées dans cet article

  • Haute Autorité de Santé — Recommandations de bonne pratique (édition la plus récente).
  • Inserm — Dossier thématique référencé en début d'article.
  • Ameli.fr — Fiche pratique de l'Assurance Maladie (consultée à la date de publication).