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Neuropathie périphérique touche vos nerfs moteurs, sensitifs ou autonomes en dehors du système nerveux central. Selon l'Inserm, environ 2 à 8 % de la population française est concernée par une forme de neuropathie périphérique, prévalence qui augmente avec l'âge et la fréquence des facteurs de risque (diabète, alcoolisme chronique). Le diagnostic est posé par un neurologue après une démarche structurée. Cette fiche détaille les causes, les symptômes, les examens et la prise en charge.
Neuropathie périphérique touche vos nerfs : définition
Neuropathie périphérique touche vos nerfs périphériques, c'est-à-dire les nerfs reliant la moelle épinière aux muscles, à la peau et aux organes. Selon la HAS, on distingue plusieurs formes :
- mononeuropathie : un seul nerf concerné (syndrome du canal carpien) ;
- mononévrite multiple : plusieurs nerfs atteints à différents niveaux ;
- polyneuropathie : atteinte symétrique et distale (souvent diabétique) ;
- polyradiculoneuropathie : atteinte des racines et des nerfs (syndrome de Guillain-Barré).
Les fibres touchées peuvent être motrices (faiblesse musculaire), sensitives (douleurs, paresthésies) ou autonomes (troubles tensionnels, digestifs).
Causes les plus fréquentes
Selon la HAS, les principales causes incluent :
Métaboliques (les plus fréquentes en France) :
- diabète (responsable de 30 à 50 % des polyneuropathies) ;
- insuffisance rénale chronique ;
- carences vitaminiques (B12, B1, B6).
Toxiques :
- alcoolisme chronique ;
- chimiothérapies (taxanes, sels de platine, vincristine) ;
- certains médicaments ;
- exposition à des solvants industriels.
Infectieuses :
- VIH, hépatite C ;
- lèpre (rare en France métropolitaine) ;
- maladie de Lyme.
Auto-immunes :
- syndrome de Guillain-Barré ;
- neuropathie inflammatoire chronique démyélinisante (CIDP) ;
- vascularites.
Génétiques :
- maladie de Charcot-Marie-Tooth ;
- amylose familiale.
Dans 20 à 30 % des cas, aucune cause n'est identifiée malgré un bilan exhaustif : on parle de neuropathie idiopathique. Pour comprendre des pathologies neurologiques voisines, voyez nos fiches sur le syndrome du piriforme et sur la syndrome des jambes sans repos.
Symptômes et signes d'alerte
Les manifestations sont variables selon les fibres atteintes :
- paresthésies (fourmillements, picotements) typiquement distales en "chaussettes" et "gants" ;
- douleurs neuropathiques : brûlures, décharges électriques, allodynie (douleur à un stimulus non douloureux) ;
- perte de sensibilité au toucher fin et à la température ;
- diminution des réflexes ostéo-tendineux ;
- faiblesse musculaire distale (chute du pied, atrophie des mains) ;
- troubles de l'équilibre, instabilité à la marché ;
- troubles autonomes : hypotension orthostatique, troubles digestifs, sécheresse cutanée.
Selon la HAS, certains signes imposent une consultation rapide : aggravation brutale, atteinte motrice marquée, troubles sphinctériens, signes systémiques (fièvre, perte de poids). Voyez aussi notre fiche sur les complications du diabète de type 2.
Diagnostic et prise en charge
L'évaluation clinique recherche la distribution de l'atteinte, son évolution et les facteurs déclenchants. L'examen complémentaire de référence est l'électromyogramme (EMG) avec étude des vitesses de conduction nerveuse, réalisé par un neurologue. Il distingue les atteintes axonales (du corps cellulaire du neurone) des atteintes démyélinisantes (de la gaine de myéline).
Le bilan biologique de base inclut selon la HAS : glycémie à jeun et HbA1c, créatininémie, TSH, vitamine B12, ionogramme, électrophorèse des protéines sériques, sérologies virales (VIH, hépatites). Des examens spécialisés (ponction lombaire, biopsie nerveuse, tests génétiques) sont parfois requis.
Le traitement repose sur :
- la prise en charge de la cause (équilibre du diabète, sevrage alcoolique, supplémentation vitaminique) ;
- le traitement symptomatique des douleurs neuropathiques : antidépresseurs tricycliques, gabapentine ou prégabaline, sur prescription médicale ;
- la kinésithérapie pour maintenir la force musculaire et l'équilibre ;
- l'ergothérapie et l'adaptation du domicile ;
- la prévention des plaies des pieds (essentielle chez le patient diabétique).
L'ANSM rappelle que la prégabaline et la gabapentine peuvent provoquer une dépendance : leur prescription est encadrée.
Conclusion
Neuropathie périphérique touche vos nerfs avec un retentissement variable selon les fibres atteintes. La HAS et l'Inserm convergent : un diagnostic précoce et une recherche étiologique rigoureuse améliorent significativement le pronostic. Le diabète et l'alcoolisme restent les premières causes en France. Toute paresthésie persistante distale, surtout si elle s'étend, justifie un avis médical pour orienter le bilan et engager un traitement adapté.






