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Compléments alimentaires : ce qu'il faut savoir avant d'en prendre

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Gélules de compléments alimentaires sur table en bois

Table des matières

Les compléments alimentaires connaissent un essor important en France. Selon le Synadiet (syndicat professionnel), le chiffre d'affaires du secteur dépassait 2,5 milliards d'euros en 2023. Vitamines, minéraux, plantes, acides aminés : ces produits sont vendus comme des denrées, pas comme des médicaments. Comprendre leur statut, leurs indications et leurs limites permet de les utiliser à bon escient.

Compléments alimentaires : que dit la loi ?

Les compléments alimentaires sont définis par la directive européenne 2002/46/CE et le décret français de 2006. Il s'agit de denrées alimentaires destinées à compléter le régime normal, présentées sous forme de gélules, comprimés, ampoules ou poudres. Ils ne peuvent revendiquer aucun effet thérapeutique : seules les allégations nutritionnelles et de santé validées par l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) sont autorisées.

Le marché est encadré par la DGCCRF et l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), qui peut alerter sur certaines substances ou recommander des limitations. Aucune autorisation de mise sur le marché n'est exigée, contrairement aux médicaments. Une simple déclaration suffit, ce qui explique la grande variété de l'offre.

À retenir : Les compléments alimentaires sont des denrées, pas des médicaments. Ils ne peuvent revendiquer d'effet thérapeutique. L'Anses recommande de signaler tout effet indésirable. Certaines populations (enceintes, enfants, traitements chroniques) doivent demander un avis médical.

Pour comparer avec d'autres approches nutritionnelles, voyez notre dossier sur les superaliments pour la santé et nos repères pour les aliments riches en magnésium.

Indications réellement justifiées

Certaines situations justifient effectivement une supplémentation, sur conseil médical. Le Haut conseil de la santé publique recommande l'acide folique chez les femmes en projet de grossesse (400 µg par jour avant la conception et pendant le premier trimestre) pour prévenir les anomalies du tube neural. La vitamine D est largement déficitaire en France, surtout en hiver : selon l'Inserm, 80 % des Français présentent un taux insuffisant entre novembre et mars.

D'autres carences peuvent être ciblées sur diagnostic biologique : fer en cas d'anémie, vitamine B12 chez les végétaliens stricts, iode chez les femmes enceintes en zone de carence. À l'inverse, une supplémentation à l'aveugle, sans bilan, expose à des excès parfois préoccupants. L'Anses a alerté en 2022 sur les surdosages en vitamine D, particulièrement chez les enfants en bas âge.

Les plantes (ginseng, ginkgo, valériane, millepertuis) entrent également dans la catégorie. Leur usage doit tenir compte d'éventuelles interactions médicamenteuses. Le millepertuis, par exemple, diminue l'efficacité de la pilule contraceptive et de plusieurs antidépresseurs, comme le rappelle le Vidal.

Précautions et signalement

L'Anses encourage les consommateurs à signaler tout effet indésirable via le dispositif Nutrivigilance. Plus de 100 cas par an sont rapportés depuis 2019, dont certains sévères (atteintes hépatiques, allergies, troubles cardiaques). Les compléments à base de plantes énergisantes (caféine, guarana, thé vert concentré) sont particulièrement concernés.

Les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, les personnes sous traitement chronique et les personnes âgées doivent demander un avis médical avant toute prise. L'achat sur internet auprès de sites non répertoriés expose à des produits non conformes, parfois contaminés. Les pharmacies physiques restent la voie la plus sécurisée.

Avis médical : Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de doute, consultez un professionnel de santé.

Conclusion

Les compléments alimentaires peuvent rendre des services dans des situations ciblées, après bilan ou avis médical. Une alimentation variée reste le socle d'un bon statut nutritionnel pour la majorité des adultes en bonne santé. Au moindre doute, l'avis du médecin traitant ou du pharmacien prime sur les promesses marketing.

Article relu par

Dr Delphine Marcellin

Médecin généraliste, quinze ans d'exercice en cabinet libéral à Lyon. Membre du comité éditorial Jalmalv depuis 2024.

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Sources citées dans cet article

  • Haute Autorité de Santé — Recommandations de bonne pratique (édition la plus récente).
  • Inserm — Dossier thématique référencé en début d'article.
  • Ameli.fr — Fiche pratique de l'Assurance Maladie (consultée à la date de publication).