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Côte n'est pas forcément fêlée après un choc thoracique, mais la douleur peut être trompeuse. La fêlure costale (fissure incomplète de la corticale osseuse) ou la fracture costale entraîne une douleur intense, accentuée par la respiration profonde, la toux, les changements de position. Selon Ameli.fr, le diagnostic différentiel inclut la contusion musculaire, l'élongation intercostale, voire la fracture sans déplacement. Cette fiche détaille les signes, le diagnostic et la prise en charge.
Côte n pas forcément fêlée : tableau clinique
Selon la HAS, la douleur d'une fêlure ou fracture costale présente plusieurs caractéristiques :
- douleur localisée, parfois irradiante en hémi-thorax ;
- exacerbation à l'inspiration profonde, à la toux, à la palpation ;
- douleur reproductible par la pression directe ou par la compression antéro-postérieure du thorax ;
- limitation respiratoire d'évitement (respiration superficielle) ;
- persistance pendant 3 à 6 semaines en moyenne.
Le mécanisme typique est un choc direct (chute, coup, accident), mais une fêlure peut aussi survenir après une toux violente prolongée, en particulier chez les sujets âgés ostéoporotiques. L'Inserm rappelle que l'ostéoporose multiplie le risque de fracture costale spontanée.
Diagnostic et examens
Le diagnostic repose en première intention sur l'examen clinique. La radiographie thoracique peut confirmer une fracture déplacée mais reste peu sensible pour les simples fêlures. Selon la HAS, le scanner thoracique n'est pas systématique : il est réservé aux situations complexes (suspicion de pneumothorax, contusion pulmonaire, fractures multiples).
L'examen clinique recherche également des complications associées : pneumothorax (présence d'air entre la plèvre et le poumon), hémothorax, contusion myocardique, lésions abdominales hautes (rate, foie). Pour aller plus loin, lisez nos fiches sur la résorption d'un hématome et sur la prise en charge de l'arthrose.
Prise en charge
Le traitement d'une fêlure costale isolée est essentiellement antalgique. Selon Ameli, les recommandations incluent :
- antalgiques simples (paracétamol) en première intention ;
- anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en cure courte sur prescription ;
- repos relatif sans immobilisation stricte (les bandages thoraciques ne sont plus recommandés en raison du risque de complications respiratoires) ;
- exercices respiratoires profonds plusieurs fois par jour pour prévenir l'encombrement et l'atélectasie ;
- application de glace les premiers jours ;
- éviction des efforts physiques intenses pendant 4 à 6 semaines.
Le Vidal souligne que les patients âgés, fumeurs ou présentant une bronchopneumopathie chronique sont à risque d'encombrement bronchique et de pneumonie de surinfection. Aucune automédication antalgique prolongée ne doit être poursuivie sans avis médical. Notre article sur le syndrome de bursite aborde des principes communs.
Signes d'alerte et complications
Selon la HAS, certains signes imposent un appel au 15 ou une consultation aux urgences :
- essoufflement, dyspnée importante ;
- douleur thoracique très intense, irradiante ;
- crachats sanglants ;
- syncope ou malaise associé ;
- traumatisme à haute énergie (accident de la voie publique, chute de hauteur) ;
- déformation thoracique visible (volet costal) ;
- altération de l'état général.
Chez le sujet âgé, une simple toux violente peut entraîner une fracture costale spontanée, dans un contexte d'ostéoporose. Une exploration de la densité osseuse peut être discutée pour évaluer le risque fracturaire ultérieur.
Conclusion
Une douleur thoracique après un choc évoque souvent une fêlure costale, mais le diagnostic peut être délicat. La prise en charge antalgique et la respiration ample restent les piliers du traitement. Toute aggravation, dyspnée ou douleur intense doit conduire à consulter en urgence pour écarter les complications respiratoires ou cardiaques. La prévention chez le sujet âgé passe par le traitement de l'ostéoporose et la prévention des chutes.






